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mai 18, 2016

En attendant le Brexit, les indicateurs macroéconomiques restent les drivers des marchés

Dans l’attente des élections à haut risque en Europe fin juin (référendum au Royaume-Uni sur le Brexit le 23 juin, puis élections législatives en Espagne le 26 juin), les investisseurs scrutent avec attention les dernières publications macroéconomiques.
Les derniers chiffres publiés aux Etats-Unis envoient des signaux contradictoires. Le taux de croissance du PIB au premier trimestre ne ressort qu’à +0,5%en rythme annuel. Les indicateurs avancés PMI (ou ISM) qui, en dessous de 50 témoignent d’une contraction d’activité, sont divergents. L’investissement des entreprises marque le pas (l’indicateur ISM manufacturier ressort à 50,8 en avril) alors que la consommation des ménages résiste bien. L’ISM des services est d’ailleurs très bien orienté avec un rebond à 55,7 en avril. L’emploi est dynamique avec un taux de chômage faible de 5%proche du plein emploi, un salaire horaire qui a augmenté de 2,5%sur les 12 derniers mois et des tensions salariales qui commencent à apparaître.

En zone euro, globalement la croissance au premier trimestre a été publiée au-dessus des attentes avec un PIB de +0,6%. La France parvient à accélérer son rythme de croissance : +0,3%au quatrième trimestre 2015 et +0,5%au premier trimestre 2016 avec une consommation des ménages qui fait office de locomotive (effet rattrapage après les attentats). Ces bonnes nouvelles ne doivent pas faire oublier que nous sommes sur un rythme de 1,5%de croissance annuelle pour l’ensemble de la zone euro ce qui est en-dessous du potentiel « normal » ; l’inflation globale reste négative à -0,2%. Il est à noter que le Portugal qui a relâché ses efforts budgétaires avec l’arrivée au pouvoir du parti socialiste, voit son rythme de croissance décélérer. Le Japon quant à lui, surprend positivement avec le PIB du premier trimestre à +0,4%contre +0,1%attendu (-0,3%au quatrième trimestre 2015).

En ce qui concerne les pays émergents, la Chine continue d’être le principal sujet de préoccupation. Après avoir rassuré sur l’ampleur de son ralentissement (progression de +6,7%du PIB au premier trimestre 2016), les derniers chiffres montrent qu’il ne faut pas se réjouir trop vite car les derniers indicateurs avancés PMI oscillent autour du niveau de 50 (PMI manufacturier à 49,4 ; PMI services à 51,4) et sont en repli par rapport au rebond du mois de mars. De plus, les récents chiffres de la production industrielle (+6%) et des ventes au détail (+10,1%) sont ressortis en-dessous des attentes. Tout ceci se passe dans un contexte où les marges de manœuvres budgétaires sont très limitées, tant l’endettement des collectivités locales est préoccupant. Celui des entreprises a crû de 40%sur une année avec à la clé de nombreux défauts de paiements sur les obligations.

Les autres pays émergents voient leur situation s’améliorer avec le rebond des cours du pétrole ; c’est notamment le cas de la Russie qui devrait renouer avec la croissance en 2017 après deux années de récession. Le Brésil, en revanche, va subir à nouveau une grave récession et le retour à des fondamentaux solides dépendra de la résolution de la crise politique et du retour des capitaux dans le pays.

L’Inde reste le pays émergent le plus vertueux avec une croissance proche de 7,6%et en progression, tandis que l’inflation diminue ; la situation des finances publiques s’améliore. Ces bons chiffres se retrouvent tant au niveau de l’accélération de la consommation privée que de l’investissement des entreprises.

Dans ce monde de croissance molle, que nous mettons en évidence depuis un certain temps, les banquiers centraux jouent leur partition pour stimuler le crédit, l’investissement et la consommation. Les taux devraient ainsi rester durablement bas et la source de performance doit être recherchée vers les actions, mais la patience est de mise car les valorisations ne sont pas « bon marché ».

On voit bien que toute déception macroéconomique ou tout risque politico-économique sont de nature à faire trébucher de nouveau les marchés. Nous restons donc prudents dans notre approche, avec une position neutre et une construction de portefeuille défensive qui privilégie les valeurs non-cycliques offrant de la visibilité au prix d’une cherté plus importante. Des poches de portage sur les taux subsistent avec le crédit d’entreprise à haut rendement et la dette émergente sur des maturités 3 / 5 ans.

En ce qui concerne les devises, nous n’avons pas réduit l’exposition à la livre sterling alors que le dollar devrait être renforcé car en toute logique la FED devrait monter ses taux le 15 juin, à moins qu’elle ne préfère passer son tour huit jours avant le référendum anglais, afin de ne pas rajouter du risque sur les marchés.

Si les taux directeurs américains sont relevés en juin et dans l’hypothèse d’un Royaume-Uni restant au sein de l’Union, l’horizon s’éclaircira et un mouvement de hausse pourra être joué dans les portefeuilles.

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