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février 9, 2018
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Baisse brutale des marchés financiers

Les marchés sont entrés dans une phase de correction. Depuis fin janvier, le CAC 40 recule de -5,84%, l’Eurostoxx 50 de -5,94%, l’indice américain S&P 500 perd -4,56%, le Japon avec le Nikkei -6,44%, les marchés émergents -5,33% (indice MSCI Emerging Market). Au final, l’indice monde MSCI World affiche un recul de -4,27%. Les gains du début d’année ont été réduits à zéro et les indices sont à l’heure actuelle en territoire négatif.

Cette phase de correction était attendue, car les taux d’intérêt n’ont cessé de remonter en janvier et les valorisations, notamment aux Etats-Unis sont historiquement élevées. Lorsque les taux d’intérêt se redressent, les marchés actions entrent en général dans une phase de correction ; c’est ce qui se produit actuellement.

Cette correction est normale et s’explique paradoxalement par l’environnement macro-économique plus favorable et l’accélération des salaires outre-Atlantique publiés fin janvier. La hausse des salaires est un précurseur d’inflation et génère des tensions sur les marchés de taux. Le taux d’intérêt à 10 ans américain s’élève maintenant à 2,82% contre 2,43% en début d’année et le taux à 5 ans à 2,55% contre 2,21%. En Europe, le Bund s’est également redressé et les taux d‘intérêt à 5 ans sont désormais positifs. Le taux à 10 ans allemand est de 0,75% contre 0,43% en fin d’année (1% pour l’émission française à 10 ans).

La croissance mondiale va mieux, l’action des banques centrales pour faire repartir la croissance s’avère payante pour l’ensemble des économies. Les Banquiers centraux, à commencer par la Banque Centrale Américaine, réduisent progressivement leur soutien à la sphère financière en diminuant leur apport de liquidité. Elles diminuent voire stoppent les rachats de dette et relèvent les taux directeurs (aux USA pour l’instant). Il s’en suit naturellement des phases de volatilité le temps que l’offre et la demande de liquidité s’ajustent.

Comme nous l’avions évoqué lors de notre lettre de fin d’année, 2018 sera marqué par un niveau d’inflation plus élevé. D’une part la croissance en 2017 a été plus forte dans l’ensemble des pays développés et émergents, mais également les prix de l’énergie sont plus élevés, le chômage s’est résorbé dans de nombreux pays et les conditions économiques restent favorables en 2018. Ce cocktail favorise un regain d’inflation que nous n’avions plus connu depuis la crise de 2008. Le renchérissement du crédit s’ensuit avec des taux d’intérêt plus élevés. Cette situation n’a rien d’anormal étant donné que les taux d’intérêt ont atteint des planchers historiquement bas, voire négatifs en Europe, ce qui était tout à fait insensé d’un point de vue économique.

Un peu plus d’inflation et des taux d’intérêt plus rémunérateurs sont souhaitables.
Le problème qui est posé aujourd’hui est la surréaction des marchés et notamment du marché américain qui est cher. Certes les valeurs technologiques sont le reflet du dynamisme et de l’innovation américaine ; pour autant l’économie américaine vit à crédit et n’arrive pas à produire suffisamment pour répondre à la consommation de ses ménages. Une hausse des taux d’intérêt trop forte pourrait engendrer une correction sévère des marchés actions et freiner la croissance. Les états endettés sont particulièrement vulnérables en cas de hausse brutale des taux d’intérêt car le coût de la dette aggrave les déficits publics. Cette prise de conscience invite donc à une certaine mesure.

Nos orientations stratégiques :

Dans cette première phase de correction, l’exposition aux marchés actions a été allégée et les positions cash augmentées. Dans les poches obligataires, les durations sont courtes et les actifs sont peu sensibles aux variations de taux d’intérêt. Nous considérons que la hausse du mois de janvier a été trop rapide et que cette respiration est bienvenue pour entamer la saison de publication des résultats 2017 dans de meilleures conditions.
Pour les semaines à venir, notre boussole sera l’évolution de la parité euro dollar ainsi que les anticipations d’inflation. Nous restons confiants car les valorisations redeviennent plus soutenables et des opportunités vont se présenter pour investir dans les secteurs et entreprises de qualité.

Christophe Brulé
Achevé d’être rédigé le 7 février 2018