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juillet 20, 2017

Un deuxième semestre qui sera rythmé par l’action concertée (?) des banques centrales

Bilan du 1er semestre

Les actifs risqués sortent gagnants sur le 1er semestre 2017 bien que leurs performances se soient dégradées sensiblement dans la dernière semaine du mois de juin. Ce sont finalement les actions européennes qui pour un investisseur en euro enregistrent les meilleures performances. En effet la hausse, non anticipée, de l’euro a ramené à zéro la performance de certains actifs internationaux.

Faits marquants du premier semestre :

Le premier semestre de l’année 2017 s’inscrit dans un environnement économique mondial favorable. La zone euro a créé la surprise et retrouvé une plus grande robustesse économique (cf graphique page 3) avec une croissance qui accélère alors que le risque politique se dissipe avec l’élection d’Emmanuel Macron qui souhaite relancer la coopération européenne. Les résultats des entreprises ont été bien orientés en ce début d’année, ce qui a été un élément de soutien supplémentaire des marchés actions européens qui terminent le semestre en territoire positif : +5,31% pour le CAC 40 hors dividende et +6,68% pour le MSCI Europe dividendes réinvestis.

La monnaie commune européenne s’est appréciée fortement (+8,26% contre le dollar) après que Mario Draghi fin juin, à l’occasion du symposium de la BCE, ait souligné le renforcement et l’élargissement de la reprise en zone Euro et réaffirmé sa confiance dans la politique monétaire pour restaurer les pressions inflationnistes. Ce discours plus optimiste a été interprété comme un signal de début de fin de l’argent bon marché. La progression de l’euro a alors impacté les performances des marchés internationaux (MSCI World AC en euro : +3,40%) et notamment celles du marché américain (S&P 500 en euro : +0,10%). Enfin, le cours du pétrole a affiché une forte baisse (-14,30%), ce qui a limité les tensions inflationnistes. De ce fait les actifs obligataires sont restés plutôt bien orientés et en particulier les obligations à haut rendement européennes, américaines, et les dettes émergentes.

Deuxième semestre : A la croisée des chemins pour les banques centrales.

Ce sont les discours et les actes des banquiers centraux qui vont animer la rentrée et l’automne sur les marchés. Avec le retour de la croissance sur l’ensemble des zones géographiques, les banques centrales doivent agir de façon concertée pour mener à bien la normalisation de leur politique monétaire et éviter des variations de taux de change brutales qui viendraient casser le travail accompli depuis la crise de 2008.

En premier lieu la Réserve Fédérale américaine (FED) va poursuivre la remontée de ses taux directeurs (une hausse des taux prévue fin 2017 + 2 ou 3 autres en 2018 pour arriver à un niveau de 2% à 2,25%, contre 1,25% aujourd’hui) et va réduire la taille de son bilan, ce qui aura pour effet un relèvement des taux d’intérêt à long terme. Par ailleurs, la BCE devrait annoncer en septembre les premières mesures d’ajustement de ses instruments de politique monétaire et commencer à partir de 2018 une phase de resserrement monétaire.

Nous avons vu début juillet que la première communication de Mario Draghi en ce sens avait fait fortement progresser les taux longs (+0,20%) et fait passer la parité euro dollar à 1,1550 ; la communication employée par la BCE sera scrutée avec attention lors des prochaines réunions (jeudi 20/07). La période de taux négatifs devrait prendre fin progressivement en 2018 et la Banque Centrale Européenne pourra remonter ses taux en 2019.

Enfin la Bank of Japan va également réduire le montant de ses achats de dette pour réduire à son tour la taille de son bilan.
Les banques centrales doivent se livrer à un exercice délicat en retirant des liquidités à l’ensemble des marchés financiers. En effet, nous sommes à un moment où le cycle américain est déjà bien avancé et les marchés actions américains à des plus hauts historiques. En Europe, le cycle économique est en phase d’accélération mais l’inflation reste en dessous des objectifs de la BCE à 1,3% contre 2% souhaité (baisse du prix du pétrole, pas de tensions salariales, digitalisation… ).

Il est souhaitable que les politiques des banques centrales évoluent de façon symétrique. Si la FED ne remontait pas ses taux comme anticipé, et que la BCE procédait à un resserrement monétaire, incité qui plus est par l’Allemagne en quête de rémunération de ses excédents commerciaux, l’Euro continuerait sa phase d’appréciation. Cela remettrait en cause la solidité de la croissance et donc le niveau atteint par les marchés européens.

Allocation d’actif :

Les zones géographiques sont de nouveau équilibrées entre elles, car elles bénéficient toutes de l’amélioration de la croissance mondiale et d’une tendance favorable en ce qui concerne les résultats des entreprises (en particulier le Japon et l’Europe). Même si le marché américain est chèrement valorisé, il bénéficie de l’affaiblissement du dollar contre euro, mais l’Europe pourrait être pénalisée si ce mouvement venait à s’amplifier. Les marchés émergents profitent également de la dépréciation du dollar et la Chine continue sa mutation vers une économie plus équilibrée entre secteurs manufacturiers et secteurs orientés sur les activités de service.

En terme d’allocation d’actifs, nous restons confiant sans excès sur les marchés d’actions et les actifs de portage obligataires (high yield USA et dettes émergentes) ; l’exposition à la devise américaine est sous pondérée au sein de nos portefeuilles.

Christophe Brulé

Achevé d’être rédigé le 20 juillet 2017

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