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novembre 15, 2016

Effet Trump : Accélération de la hausse des taux, une nouvelle donne pour les marchés

Wall streetLes marchés ont interprété la victoire inattendue de Donald Trump comme un puissant signal de retour de la croissance et de l’inflation.

Quelles sont les conséquences possibles de cette élection pour les Etats-Unis ?
Les principaux impacts pour l’économie américaine seront liés à l’augmentation des dépenses budgétaires et aux incertitudes plus négatives associées à la politique commerciale de Donald Trump. Au plan budgétaire, une combinaison de réductions d’impôts et de hausse des dépenses en infrastructures et dans le domaine de la défense, pourrait apporter un supplément de croissance à l’économie américaine. Il faudra néanmoins que l’ensemble du congrès soit favorable aux différentes mesures qui seront prises, et traditionnellement, le sénat est plutôt conservateur et peu enclin à la dépense. Les conséquences sont également positives sur le secteur de la santé et plus particulièrement pour les groupes pharmaceutiques engagés dans les biotechnologies. Les services hospitaliers et les services à la santé seront négativement impactés par l’abrogation de l’Obama Care, même partielle.

Sur le plan international, le discours protectionniste de Donald Trump pèse sur les perspectives du commerce international qui est déjà affaibli. Les places boursières des pays émergents ont été affectées en ce sens. Il faudra suivre la réponse des pays concernés et l’adaptation qui sera faite. A ce stade, la Chine ne s’est pas faite entendre, ni le Japon.

La part des Etats-Unis pour les entreprises européennes représentent globalement un tiers des ventes des gros poids lourds de la côté européenne. De ce fait, la vigueur de l’économie américaine est importante pour l’Europe, si pour autant Mr. Trump n’instaure pas de droits de douane supplémentaires.

Cette élection arrive après le vote du Brexit et à la veille d’élections politiques importantes en Europe (Italie et Autriche le 5 décembre, France en mai 2017, Allemagne septembre 2017). La montée du populisme inquiète et questionne la stabilité politique de l’Union Européenne et de la zone Euro.

Les premières conséquences de cette nouvelle donne sont une anticipation d’inflation plus forte et donc une hausse des taux d’intérêt. Le mouvement de hausse a débuté fin septembre par anticipation de la hausse des taux directeurs par la FED en décembre ; l’élection de Donald Trump confirme cette tendance et l’accélère. Les taux américains mais aussi les taux européens ont fortement augmenté. Le taux à 10 ans de l’emprunt souverain allemand est passé de -0,17%en septembre 2016 à +0,31%après l’élection de Donald Trump, et les taux américains de 1,60%à 2,12%. On peut légitimement s’attendre à la fin des taux d’intérêt négatifs, ce qui en soit est une bonne nouvelle car cela corrige une situation anormale.

Les indices actions se reprennent mais masquent des évolutions hétérogènes parmi les valeurs. La hausse des taux est favorable au secteur financier et bénéficie au secteur bancaire et à l’assurance. Les dépenses attendues dans les infrastructures permettent d’envisager une croissance bénéficiaire plus importante pour les entreprises liées à la construction, à l’industrie lourde et aux matières premières ; les valeurs cycliques et financières, perdantes d’hier, progressent sensiblement tandis que les valeurs de consommation et de croissance, qui avaient été les gagnantes de la période de faible inflation, reculent.

Les marchés de crédit sont affectés par la remontée des taux d’intérêt ; mais les indicateurs de défauts d’entreprises restent faibles ; ce qui est bénéfique aux obligations d’entreprises notamment à haut rendement.

Sur le front des devises, le dollar se renforce tout comme la livre sterling qui suit traditionnellement l’évolution du dollar ; tandis que l’Euro et le Yen s’affaiblissent. Le Yuan est quant à lui toujours faible.

A très court terme, les marchés actions américains sont les gagnants de cette élection avec un retour sur les plus hauts. Mais, la hausse du dollar et des taux d’intérêt va naturellement peser sur les comptes des entreprises et donc sur les perspectives bénéficiaires. L’engouement actuel est donc à relativiser. Parallèlement, les décisions de l’administration Trump sur le plan de la politique internationale pourraient ultérieurement jeter de la défiance vis-à-vis du dollar et rendre les valeurs refuges telles que le Yen, le franc suisse et l’or plus attractifs.

Nous nous attendons donc à une recrudescence de la volatilité tant les incertitudes sont nombreuses.

Au sein de nos allocations tactiques, nous avons procédé à une réduction des investissements les plus sensibles en attendant de retrouver une certaine stabilisation, notamment après les élections italiennes et la réunion de la FED début décembre.
La sensibilité obligataire continue d’être réduite en immunisant les taux longs souverains. Nous avons réalisé une partie des gains obtenu sur la dette souveraine émergente. La récente correction sur ce segment peut néanmoins donner des points d’entrée intéressants. Cette classe d’actif garde tout son sens (5%de rendement) et la tendance de fonds du développement des pays émergents n’est pas remise en cause par l’élection de Donald Trump.

Les obligations corporate sont maintenues sur des durations courtes et nous gardons une position opportuniste.
Sur les actions, nous privilégions les actions américaines et les investissements en dollar ; les gestions indicielles sont aussi renforcées du fait des rotations sectorielles importantes qui affectent à court terme les gestions actives orientées sur les grandes valeurs de qualité.

La victoire de Donald Trump s’est révélée favorable à court terme aux marchés actions. Néanmoins, l’absence de visibilité quant à son programme et aux réformes qu’il compte mettre en œuvre, apporte une incertitude nouvelle sur les marchés. Le mouvement de hausse des taux engagé avec la réunion de la FED et le référendum italien nous incite à ne pas surpondérer les actifs risqués même si, nous pensons qu’avec une croissance économique qui se maintient et des perspectives de bénéfice améliorées pour les entreprises européennes en 2017, un rattrapage des actions européennes est possible….

Christophe Brulé

Achevé d’être rédigé le 15 novembre 2016

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