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novembre 6, 2015

Les banques centrales toujours au top

Les bourses mondiales ont enregistré des performances remarquables au mois d’octobre. Après la baisse excessive d’août et septembre, ce retour de balancier témoigne de l’indécision des investisseurs qui s’interrogent sur l’ampleur du ralentissement de l’économie mondiale. Pendant ce temps, les banques centrales ne sont pas restées inactives et ont une nouvelle fois donné le tempo en continuant d’apporter leur soutien aux économies développées et émergentes.

Historiquement, c’est la Federal Reserve américaine qui montre l’exemple. Mais force est de constater que cette année, la FED semble derrière le marché et ne sait pas comment s’y prendre pour amorcer la première remontée de taux directeurs. Hésitante sur les conséquences économiques et politiques d’un relèvement de taux (renforcement du dollar pesant sur les prévisions bénéficiaires des entreprises américaines, calendrier électoral américain, risque d’aggravation du ralentissement économique dans les pays émergents par des retraits de capitaux se reportant sur un dollar américain plus fort…), la FED a amplifié les doutes sur la vigueur de la croissance économique.

Pour autant, les indicateurs avancés des pays développés et émergents ne témoignent pas d’un affaiblissement aussi sévère qu’anticipé de l’économie. Ils sont un repère important pour évaluer la vigueur de l’économie et ce que nous disent les indices des directeurs d’achats publiés par l’institut Markit pour l’Europe et les USA, et l’indice Caixin pour la Chine en novembre sont rassurants :

– En Chine : Les PMI des services sont ressortis à 52 et le PMI manufacturier a 48,3. L’activité des services est en expansion traduisant la métamorphose graduelle de l’économie chinoise ; l’activité industrielle est encore faible mais moins que prévue, ce qui rassure sur l’atterrissage en douceur de la croissance chinoise.

– En Europe : Le PMI manufacturier s’élève à 52,3 et celui des services à 54,1. L’activité en Europe confirme son redressement en particulier dans les pays du Sud. l’Allemagne se porte bien et la France se redresse. La Grande-Bretagne confirme sa vitalité avec des indicateurs supérieurs à 55.

– Aux Etats-Unis, les indicateurs restent bien orientés tant dans le secteur des services avec une expansion toujours présente (54,8 en novembre), que dans le secteur manufacturier (54,1).

Face à l’indécision de la FED, les autres banques centrales réagissent. Le président de la Banque Centrale Européenne, Mario Draghi, a compris que la vigueur de l’euro qui se mettait à nouveau en place, pouvait fragiliser la croissance de la zone Euro. En adoptant une communication d’anticipation sur des décisions en décembre, il a immédiatement permis un retour du dollar sur les niveaux de 1.1020 et aux indices actions de quitter leur zone de danger. Janet Yellen (présidente de la FED) n’a pas eu d’autre choix que de déclarer très probable une hausse des taux américains pour décembre. Parallèlement la Chine a annoncé une nouvelle baisse de ses taux directeurs. On le constate, ce sont bien les banques centrales qui continuent d’être au centre du jeu.

Du côté des entreprises, les résultats sont globalement conformes aux attentes sachant que l’impact du recul des pays émergents (Chine, Brésil) et des effets de change avaient été intégrés dans les prévisions. Les sanctions sont néanmoins fortes en cas d’avertissement sur résultat ou chiffre d’affaires (Publicis, Royal Dutch Shell, Saint Gobain, Bureau Veritas, Crédit Agricole…) mais inversement les bonnes surprises rassurent (Air Liquide, Essilor, Veolia…)

La situation des entreprises n’étant pas dégradée, les croissances organiques sans grandes surprises, les cours se reprennent après la baisse marquée de l’été et permettent ainsi aux indices de retrouver de la vigueur. Les croissances bénéficiaires vont continuer de progresser en Europe (+10 % en zone euro en 2015 et+ 12% attendus en 2016) alors qu’aux Etats Unis, après une année négative (-3%), elles devraient de nouveau progresser en 2016 (+9% attendu). Les stratégies qui anticipent un retour à une grande déprime de type 2008/2009 en sont pour leurs frais à ce stade.

L’élément déclencheur du recul des marchés en août a été le ralentissement de l’économie chinoise. Or, ce risque est moins important, puisqu’ il est acté et anticipé que cette économie peut ne croître “que de 6 à 6,5%” par an. La démarche volontariste du gouvernement chinois et les décisions du comité central du parti communiste tendent à éloigner les scenarii noirs. L’encouragement de la natalité officialisant la fin de la politique de l’enfant unique en est un exemple.

Les économies développées ne produisent pas une croissance forte, mais elles ne sont pas pour autant en récession. Les moteurs de la croissance tournent au ralenti mais ne sont pas en panne. Si l’on suit le rythme de saisonnalité, alors il faut reprendre du risque pour jouer une fin d’année positive, portée par des anticipations de redressement de l’investissement des entreprises (effet de cycle, endettement peu cher grâce aux taux d’intérêt très bas, des matières premières bon marché), la consommation des ménages (gain de pouvoir d’achat, hausses de salaire dans certains secteurs ou pays (UK par exemple), faiblesse du coût de l’énergie, baisse du taux de chômage…) et les échanges commerciaux.

La hausse des dépenses publiques, qui pourraient amplifier la croissance, n’est toujours pas possible car les états doivent se désendetter ; mais ce sont les banques centrales qui ont pris ce relais.

Nous restons donc globalement confiant après le stress des mois derniers. Les actions européennes restent maximisées tandis que nous maintenons une position de neutralité pour les autres zones géographiques. Le segment du crédit spéculatif à haut rendement (High Yield) européen nous semble également intéressant sur des échéances jusqu’à trois ans. Les obligations de maturités plus longues sont évitées afin de limiter l’impact négatif d’une hausse des taux d’intérêt. En ce qui concerne les devises, nous considérons que la BCE fera tout pour maintenir l’euro à un niveau faible face au dollar ; on peut donc se repositionner sur la devise américaine.

Il nous reste environ sept semaines de bourse avant la fin de l’année et les banques centrales sont toujours à la manœuvre. Leurs décisions sont attendues pour décembre.

Entheca Finance

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